Comment apprécier les vieux vins, la méthode en 5 points

Soyons clair : la plupart des vins sont faits pour être dégustés jeunes. 

Je précise : Quand je dis « jeune », je parle de l’âge de la bouteille, pas de celui du dégustateur ! Mais vous l’aviez compris 😉
Alors finalement, pour la plupart des dégustateurs, les occasions de déguster de vieilles bouteilles ne sont pas nombreuses…

Il faut déjà disposer d’une bonne cave (pour bien faire vieillir les quilles de plusieurs décennies…), de patience, … et souvent d’un certain budget si vous achetez directement un vieux millésime.

Et pourtant, ouvrir une vieille bouteille, pleine de poussière de d’histoire, ça a quelque chose de magique. 

On voyage dans le temps. Votre verre de vin devient le témoin d’une époque, c’est une manière de partager un moment avec des souvenirs.

Mais voilà : faute d’habitude ou de pratique, on a parfois du mail à apprécier un vin évolué. 

Et oui, les vieux ne sont pas toujours faciles à comprendre. 

Et le comble, c’est qu’on prend parfois pour des défauts, ce pour quoi on devrait justement les apprécier !

Alors dans les lignes qui suivent, je vais vous donner une méthodologie simple en 5 points, pour vous aider à apprécier ces « vins de souvenirs » : 

1/ Au moment de l’ouverture, faites attention de ne pas émietter le bouchon, qui lui aussi a vieilli. Utilisez par exemple un tire-bouchon bilame :

2/ Au moment du service, n’utilisez pas de carafe. Oui, c’est peut-être bien tentant de le décanter, quand le dépôt adhère à peine aux parois de la bouteille… mais le contact avec l’air oxyde le vieux vin déjà fragile. Alors versez simplement le vin délicatement dans le verre, et arrêtez vous au moment où le dépôt apparait (oui, c’esst aussi simple que cela)

3/ A l’œil : Finalement, on constate qu’avez l’âge, tout le monde se ressemble : les rouges deviennent plus pâles et prennent des notes orangées, et les blancs deviennent plus foncés et … prennent des notes orangées.

4/ Au nez : ne partez pas au courant si vous sentez des arômes qui « manquent de fraîcheur ». On n’attend pas d’une vieille quille qu’elle exhale des arômes de fruit frais ! En d’autres termes, ne prenez pas l’oxydation ménagée pour un défaut : il est normal d’y trouver ce que j’appelle des arômes d’automne.

Sous-bois, roses fanées, amande, fruits secs, cuir … ce sont ces arômes tertiaires qui font toute la complexité d’un vin évolué.
Au contraire, un vin trop vieux sera « fatigué » : dans ce cas, vous ne trouverez rien d’autre derrière le champignon ou l’humus…
5/ En bouche : la personnalité s’est « lissée ». En fait, ce qui est austère dans le vin, devient plus souple.

Regardez : les tanins (qui assèchent) ont fondu, l’acidité (la fraîcheur, la vivacité), s’est atténuée.

Ce qu’il reste, c’est un équilibre tout en finesse. 

Bon, je rappelle quand même que tous les vieux vins ne sont pas de bons vins.
Seuls vieillissent bien ceux qui sont faits pour vieillir lentement. 

Bonne dégustation !

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